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Riposte au Vih dans le sud du pays : La presse diagnostique le Tatarsen

5 Décembre 2017 - Sous l’égide du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS), l’Association des journalistes spécialisés en santé déroule du 04 au 09 Décembre 2017 une caravane dans le Sud du pays. Le groupe de journalistes aura pour tâche de s’imprégner de la réalité de la riposte au VIH dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor à travers des visites sur les sites de prise en charge et des entretiens avec les différents acteurs concernés.

La première étape de cette tournée est la région de kolda.

Une tendance  stable malgré un fort transit de populations

De par sa position géographique, la région de Kolda est plus qu’exposée. Frontalière de la Gambie, de la Guinée Bissau et de la Guinée Conakry, elle abrite aussi un marché hebdomadaire très fréquenté (Diaobé). Les chiffres provisoires de l’année 2017 font état de 1807 personnes suivies dont 1757 sous ARV soit 90%. << La nouvelle politique du Tatarsen mise en œuvre est pour beaucoup dans cette stabilisation >> de l’avis du médecin chef de la région Dr Yaya Baldé . De son avis il s’agit d’une nouvelle vision de la lutte qui donne des fruits et qui permet l’espoir d’atteindre l’objectif de l’élimination en 2030. Une évaluation provisoire des charges virales corrobore cet état de fait : sur 382 charges virales passées 360 sont indétectables. L’aboutissement de toute une chaine de la prise en charge.

UTA (Unité de Traitement Ambulatoire) de Kolda : Une riposte multidisciplinaire.

Médecins, assistants sociaux, médiateurs sont parmi les corps de métiers impliqués dans la prise en charge des patients.1090 personnes sont répertoriées dont 1052 sous traitement anti rétroviral. Un déploiement du tatarsen  basé aussi sur un accompagnement psycho-social, une éducation thérapeutique et une recherche de perdus de vue. Mouhamadou Souaré, assistant social au centre de santé de Kolda signale néanmoins un bémol : << le déficit de personnel est réel et  à cela s’ajoute la situation géographique de la région qui favorise les perdus de vue. >> Il précise en effet que des malades << viennent souvent de la Gambie ou de la Guinée et disparaissent sans laisser de traces ou de contacts >> Face au retrait progressif des bailleurs il estime que la << solution se trouve dans l’implication des collectivités locales >>.

Des ARV (anti rétroviraux) en quantité suffisante

Les ruptures d’ARV ne seront bientôt qu’un mauvais souvenir. Cette situation était la conséquence de l’étroitesse d’une salle de dépôt prêtée par l’hôpital régional. Dans les prochains jours une nouvelle pharmacie régionale sera réceptionnée. Ce nouveau bâtiment permettra  une disponibilité permanente des médicaments (06 mois de stock et 02 mois de sécurité) pour répondre aux normes selon Dr Mohamadou Saloum Fall, pharmacien chef de la région de Kolda.

Des ARV qui sont gratuits au Sénégal et dont l’accès est facilité aux populations jusque dans les zones les plus reculées du pays grâce à l’initiative YEKSINA mise en œuvre par la PNA (pharmacie nationale d’approvisionnement)

Les populations clé : passage obligé du tatarsen

La particularité du Tatarsen est de remplacer le dépistage tous azimuts pratiqué jusqu’à présent, par un dépistage ciblé. Les populations clé (professionnelles du sexe, Hommes ayant des relations avec des hommes (HSH) et consommateurs de drogue injectable). A la région médicale de Kolda, Nourou Diallo, coordonnateur du projet Neema a en charge ce volet de la riposte. Son travail se heurte aux contraintes psycho-sociales : la stigmatisation de cette couche de la population l’oblige en effet à une certaine discrétion dans son action.. L’identification des leaders est en effet un premier pas . Il s’agit ensuite d’en faire des médiateurs chargés de sensibiliser leurs pairs en les incitant au dépistage. Les actions menées entre Mai et septembre 2017, ont ainsi, selon Nourou Diallo, permis de dépister 120 HSH âgés de 21 à 24 ans et de trouver 06 cas positifs parmi eux.

Du coté des professionnelles de sexe clandestines , 820 jeunes filles ont été dépistées dans les trois districts de la région  et 22 trouvées positives. La garantie leur a été donnée d’une prise en charge discrète et gratuite. Il s’agit d’arriver à susciter chez les populations clé le réflexe de dépistage.

Toutefois de l’avis de M. Diallo, une collaboration des forces de sécurité est nécessaire en ce qui concerne le travail vis-à-vis de ces populations  si ce n’est tout bonnement une révision de la loi sur la prostitution. 

Les régions de Sédhiou et Ziguinchor sont les prochaines étapes de cette caravane de la presse initiée par le CNLS .

En images ,  la caravane de la presse - Édition 2017 : région de Kolda

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